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L’association « Noor »

Une lumière de solidarité pour les femmes, par les femmes !

Portrait Houria Zghami Je m’appelle Houria ZGHAMI, je suis d’origine marocaine, maman d’une fille de 8 ans. Sociologue de base, journaliste de formation, je suis diplômée d’un master de l’UNIL sur le processus d’intégration des femmes musulmanes en Suisse.

Actuellement doctorante à l’UNIL, j’ai travaillé comme intervenante familiale notamment pour un projet en lien avec des enfants ayant un trouble du comportement et des enfants ayant des problèmes familiaux placés par le SPJ.

Présidente du centre social Noor depuis 2017, je travaille en tant que bénévole, mettant aujourd’hui à profit mes contacts et relais dans ce rôle riche en expériences.

2. Parlez-moi de « Noor » ?

Noor, signifie « Lumière » en arabe.

Nous avons créé une association qui s’est vite transformée en centre socioculturel.

L’association a vu le jour en 2017 pour répondre aux besoins des femmes de la région. Notre centre permet de faire un lien entre l’Orient et l’Occident, une volonté d’être solidaire, de créer des liens de fraternité, d’amitié et de vivre ensemble.

Pour moi, Noor est une lumière, une écoute, un accompagnement, dédiés aux femmes.

3. Comment s’est créée cette association pour les femmes ?

C’est un projet qui est né simplement et naturellement pour répondre surtout à une demande d’avoir un espace pour les femmes. Les lieux de culte étant réservés à l’aspect spirituel, nous ressentions le besoin de nous retrouver pour rire, discuter, et pouvoir dialoguer librement de sujets concernant les femmes.

Nous étions un groupe de 7 femmes marocaines, un pur hasard souligne Houria, qui nous retrouvèrent souvent devant les écoles des associations de Montreux ou de Vevey après y avoir accompagné nos enfants. Domiciliées à Clarens, nous avions un sentiment de perte de temps lors de nos déplacements.

En discutant régulièrement, nous nous sommes rendu compte de la richesse des compétences que nous possédions, qui n’étaient malheureusement pas exploitées. En effet, nous sommes diplômées dans différents domaines, enseignantes pour 4 d’entre nous.

C’est ainsi que nous nous sommes décidées à ouvrir dans un premier temps une école de culture et science islamiques. Suite à la présentation de notre projet « pilote » à la commune de Clarens, cette dernière a mis à notre disposition une salle de réunion pendant toute la 1re année.

4. Ce lieu est-il réservé aux femmes musulmanes ?

Nous sommes un groupe de femmes musulmanes certes, mais nos besoins de femmes sont universels. C’est pourquoi nous sommes ouvertes à toutes les femmes de la région sans distinction d’origine ou de religion.

Notre association œuvre pour aider à répondre aux besoins culturels, sociaux, éducatifs et humanitaires des femmes de notre région.

5. Quels sont les buts et actions de vos activités ?

Nous sommes fières de pouvoir contribuer de manière directe à l’épanouissement culturel des habitants de notre région. Nous organisons régulièrement des manifestations avec le soutien des autorités, dans un but de faire découvrir notre culture et nos valeurs.

Dès sa fondation, le CSN a collaboré de manière étroite avec les autorités locales. Soit la commune de Montreux en premier lieu, soit avec la Maison de Quartier Jaman 8, Clarens en deuxième lieu et d’autres associations de la région. Le CSN est membre de l’UVAM depuis quelques années.

Le CSN est en contact avec la commune et l’informe de tous ses événements qui se déroulent au sein de notre centre. Nous invitons les autorités durant nos évènements.

Nous avons par exemple organisé des journées interculturelles : le 3 mars 2018, la journée du Maroc, des journées au profit du Yémen et de la Syrie., les Fêtes de l’Aïd al Fitr, et du sacrifice. Des journées de solidarité avec les enfants orphelins au Yémen et au Maroc, une rencontre avec les seniors de la maison L’Escale (La Tour-de-Peilz), l’association Arc-en-ciel, Villeneuve.

Nous organisons également des soirées à thèmes pour les femmes. On mise sur la convivialité et sur l’information. Nous avions organisé en collaboration avec la Ligue suisse contre le cancer une soirée afin de sensibiliser les femmes au cancer du sein, un moment d’échange pendant lequel nous trouvons l’opportunité de parler librement sur des sujets féminins.

Ces rencontres regroupent en moyenne entre 30 et 70 femmes de 42 nationalités différentes.

Les locaux du centre sont également mis à la disposition d’autres communautés pour l’organisation d’événements culturels religieux et linguistiques.

6. Un centre de femmes, quelles valeurs ajoutées dans la société ?

Tout d’abord, c’est le premier centre socioculturel créé et géré exclusivement par des femmes musulmanes.

Les questions en relation avec l’intégration se trouvent au sein de notre réflexion de manière prioritaire. Nous avons élaboré un projet et nous sommes en train de l’envoyer au Bureau cantonal pour l’intégration des étrangers et la prévention du racisme (BCI).

Notre centre est un lieu de dialogue et d’échanges entre les femmes de tous horizons. Nous avons aussi pour but de faire découvrir la culture arabo-musulmane. Le vivre ensemble est important pour nous et c’est pourquoi nous insistons pour organiser des manifestations avec l’ensemble des habitants de notre région.

De plus, nous nous efforçons d’apporter un soutien pour les femmes en mettant notamment en place des ateliers de thérapie pour pallier les problèmes psychosociaux.

Concrètement pendant la crise sanitaire nous avons ouvert une ligne téléphonique bilingue française arabe, dans le but de soutenir les femmes et familles atteintes par le virus du Covid.

7. Quelle présence pour la femme musulmane en Suisse ?

Selon moi, je trouve que la participation à la gestion d’associations diverses contribue à changer les stéréotypes et les clichés concernant les femmes musulmanes, mais aussi la religion musulmane elle-même. Beaucoup trop de mauvaises compréhensions encore et d’ignorance encore.

Les femmes musulmanes sont des citoyennes qui ont les mêmes droits que les autres femmes. Et elles participent par leurs compétences à la vie active et sociale. Elles ne doivent pas être jugées pour leur confession religieuse.

Dans cette démarche nous avions participé à la « Grève des femmes » en 2018 en revendiquant son droit à l’accès à la sphère professionnelle, sans aucune discrimination, notamment pour celles qui souhaitent porter le foulard.

Site internet du Centre socioculturel Noor :

www.anoor.ch

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Siriane Laouadi

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